Les Halles à Wavre

Wavre, sa Dyle, sa place Bosch, ses chaussées…

Jusque-là, rien de follement enthousiasmant, à vrai dire, même si la ville a ses attraits.

Mais si vous poussez le vice jusqu’à vous aventurer vers la Gastuche, dans les « faubourgs », et que vous vous perdez entre un magasin de bricolage et un concessionnaire automobile, vous aurez sans doute la chance de tomber sur… les Halles ! Et là, pour vous, l’amateur de bonne chère, de bonne boutanche, c’est à peu près le paradis. C’est que la famille Coenen, propriétaire des lieux, n’est pas la dernière quand on évoque les plaisirs de la table. On sent chez eux un véritable amour du produit et une volonté de bien faire. Ils sont dans le vin et la restauration depuis des lustres (la Péniche, le Noï-Comptoir du Ry, le Schievelavabo, c’est eux aussi), mais n’ont pas perdu leur enthousiasme.

Résultat : un même toit, une seule vocation (la qualité), plusieurs métiers.

D’abord, le caviste, géré depuis quatre ans maintenant par le fils, Ben. Des importations de partout en France, d’excellents domaines (500 références tout de même) et une gamme enrichie récemment de pléthore de flacons italiens, on vous en parle tout de suite. Il y a le choix, et c’est du très bon.

Ensuite, le resto, bistronomique, le mot n’est pas usurpé. On y dévore joyeusement des plats canailles (le lunch est immanquable), mais raffinés quand même, hein, on ne va pas vous étouffer ici. Et surtout pas avec l’addition : pour les amateurs de pinard, le droit de bouchon pour les trésors glanés à côté est d’un dérisoire 12€. L’occasion de se boire une très bonne bouteille sans s’exploser le portefeuille.

Et l’exercice est reproductible à côté ; si vous passez les portes du caviste et du resto, vous trouverez une très sympatoche table d’hôte et une cuisine ouverte où officie Giuseppe qui vous régalera de sa pasta et de ses antipasti. Sans rire, les meilleures pâtes du coin. La sélection de crus d’Italie est vaste et bien sentie, il y a encore une fois de quoi se régaler.

Pour finir, vous ne repartirez pas les mains vides : Pierre, le père, et Caroline, la fille, se sont mis dans la tête de finaliser comme il se doit le concept de « halles », en installant dans un immense espace (ex-Italia Autentica) un comptoir de fromager, un traiteur, des fruits et des légumes (du coin), et une jolie gamme d’épicerie, d’Italie bien sûr, mais aussi de France, de Belgique etc. Il se tramerait même en coulisse une idée de poissonnerie…

Voilà, vous avez compris ?

Vous avez faim ? Vous avez soif ? Tout se trouve là, à la Gastuche !

https://les-halles.be/

509, chaussée de Louvain

1300 Wavre

Quelques bonnes adresses à Bordeaux

Halvenhalf ayant récemment effectué avec les joyeux cavistes de Rob-Cellar un petit voyage aviné et gourmand du côté de Bordeaux, il eût été dommage de s’abstenir de vous refiler l’un ou l’autre commentaire sur les lieux que nous fréquentâmes. L’intro, légère, aérienne, est destinée à bien vous faire intégrer la haute teneur calorique du city trip : peu de salade, peu de thé vert, nous avons tenu notre rang de ripailleurs.

Bref, voici :

LES RESTAURANTS

La Tupina
L’antre, ou l’âtre plutôt, de la cuisine bordelaise. Comme nous le faisait remarquer un Bordelais pur jus : « Je n’y vais jamais, c’est exactement la cuisine que faisait ma grand-mère. » Eh oui, la Tupina se retrouve dans tous les guides de voyage nippons, c’est un monument que l’on visite, mais on n’en ressort pas frustré : tu veux de la lamproie, en voilà ! Du magret ? et olé ! De la côte à l’os ? Sur la braise, dans la gigantesque cheminée qui domine l’entrée du restau. C’est Gargantua, par ici. Tout fait envie, et l’on sait qu’on n’en ressortira pas indemne. Pour ma part, j’ai attaqué une aile d’oie confite et pommes de terre à la sarladaise, rien que pour l’intitulé qui fleurait bon la décadence. Pas déçu, la chose fut conforme à sa promesse. L’un de mes camarades s’est enquillé une macaronade d’hiver, c’est-à-dire agrémentée de truffe et de ris de veau. Régressive en diable, sa cocotte de macaronis crémés faisait saliver à six mètres. C’est là-bas aussi qu’on trouve encore les fameuses sanguettes, sorte de crêpes au sang de cochon et de canard. Miam. Le tout frais caviste en chef de chez Rob, Julien Depaepe, s’est modestement contenté d’un poulet rôti avec farce et croûtons accompagné de frites cuites dans la graisse d’oie, se disant qu’il allait manger « léger ». Il n’en fut rien, bien entendu, mais il s’est régalé tout pareil. Nous avons fini par un merveilleux cannelé et sa glace (au cannelé aussi). Pas subtil, le cannelé, mais ce n’était pas ce qu’on lui demandait. Il fut évocateur d’un certain confort, celui des fins de banquets, où, la panse chargée, les convives se mettent à somnoler, repus, et rêvent d’enfance et de choses rassurantes.
Pour la carte des vins, ce n’était hélas pas Byzance, les flacons se payaient à prix d’or et ne reflétaient pas la plus grande finesse ni modernité : quelques bordeaux classiques, de Blaye jusqu’au Médoc, peu de vins d’ailleurs, et tout ça manquait un peu de recherche. Nous nous sommes enfilé un madiran de chez Brumont, le Bouscassé Vieilles Vignes 2009, qui ne faisait pas exactement dans la dentelle. Je pense que la Tupina se sert des surplus comme de plâtras pour rafistoler les fissures de cette excellente et vénérable institution bordelaise.
Web :  www.latupina.com

Echo – Cave à manger
Très chouette petite adresse où nous déjeunâmes dès notre arrivée à Bordeaux. Elle nous fut recommandée par Valeer Verlinden de « Our Daily Bottle ». Bons petits plats canailles un peu travaillés, dans un esprit de fraîcheur, de « fait maison » locavore et d’influences un brin exotiques. La salade qui accompagnait nos burgers d’effiloché d’agneau était mémorable, c’est dire comme, parfois, il suffit de peu pour faire plaisir. Les ribs caramélisés à souhait, excellents aussi. Chez Echo, on a aussi partagé des tapas, le mot est galvaudé, mais soit : de petites portions servies dans de petites assiettes ou de petits bols. A noter, les gnocchis de la casa, formidables.
Pour les pinards, ce fut une autre paire de manches, le lieu, très dans la « vibe », ne sert fièrement que du nature. 4 ou 5 bouteilles ouvertes pour un service au verre, c’est chouette, surtout quand on nous propose gentiment de nous les faire goûter pour affirmer notre choix. Quelques grimaces plus tard, les cavistes et moi-même avons opté pour un côtes du rhône de chez Chaume Arnaud si mes souvenirs sont exacts, à la carte et qui, lui, n’était ni oxydé ni dominé par l’acidité volatile.
Bref, Echo, c’est bon, et encore plus si on aime le « nature ».
Facebook : Echo Cave à Manger

Bistrot chez Mémé à Saint-Julien
L’adresse est réputée et son nom lui va bien. Nous sommes mardi, à midi, et la double salle est blindée, des gens du cru, châtelains à chevelure mi-longue gominée-ondulée, ouvriers viticoles, techniciens d’EDF, belges en goguette, c’est hétéroclite et ça inspire confiance.
Dans l’assiette, rien de bien compliqué, poulet rôti, entrecôte, mais de bonne qualité.
Les vins se déclinent sur l’ardoise, un peu de tout, 100% local quand-même, du bordeaux sup’ au grand cru classé, à prix raisonnables. Le plus : quelques millésimes prêts à boire, 2007, 2008, dans ces eaux-là, ça fait toujours plaisir.
Le patron est sympa et très efficace, et l’on y boit bien, que demande le peuple ?
Facebook : Bistro Chez Mémé

LES BARS A VINS

Vins Urbains 
Ca, c’est le bar des copains, là où nous traînent les vignerons. Faut dire que, si l’on n’y va pas pour l’assiette (honnête mais rien de bien extraordinaire), on s’y rue pour la carte des vins, l’une des plus belles de Bordeaux. Elle offre des bouteilles de partout, les prix sont contenus et les références parfois introuvables ailleurs. Le patron, Janek, est un vrai dingue de jus de la treille, et ça se sent dans les moindres recoins de son interminable liste. Impossible à détailler, ici, tout y est, de Trévallon à Rayas, d’Henri Bonnaud à Gangloff, de Chave à Raveneau, de Ganevat à Dujac, de Burgaud au Clos Rougeard.
Nous en sommes ressortis très tard et très heureux.
Site Web : www.vinsurbains.fr

Le Flacon Saint-Michel
La bonne pioche, débusquée au hasard des pérégrinations. L’apéro y fut anthologique, arrosé de tavel de l’Anglore du cher Eric Pfifferling. Que dire, pas trois mille références, mais que de l’excellent encore, orienté bio-biody-nature. L’Anglore donc, mais aussi Ganevat, Lapierre, et cent autres, pas très chers, c’est une manne presque céleste. Quelques assiettes de grignotage indispensables désormais en France si l’on veut s’arsouiller gentiment.
Facebook : Le Flancon Saint-Michel

LE CAVISTE

Quvée
Décentré, Quvée l’est à plus d’un titre : si vous voulez des vins étrangers, j’entends « hors France », c’est ici que ça se passe. On y trouve notamment les vins allemands de chez Dönnhoff, absolument délicieux. Et la cave se situe en dehors des quartiers animés du centre-ville.
Site Web : www.quvee.fr